Le plantain

Toujours dans le cadre du défi d’écriture proposé par le blog : https://girlkissedbyfire.wordpress.com/ voici un conte sur le plantain.plantago major Suit une fiche plus « scientifique »! Je l’ai faite pour une animation nature (C’est pour cela que vous pourrez y retrouver d’autres légendes). Pour une meilleure lisibilité, je peux vous la faire parvenir en pdf, si vous le souhaitez.

plantain lancéolé

 

Il était une fois un royaume. Cela faisait déjà longtemps que le roi était mort vaillamment en le défendant contre ses ennemis de toujours. La reine commençait à se faire vieille. Elle avait courageusement élevé sa seule enfant. Une belle jeune fille, mince comme un fil, élancée, souriante, aux cheveux flottants en nuage autour d’elle. Elle aimait les bijoux et se parait souvent d’un diadème serti de topazes s’accordant avec ses yeux si bleus. Quel contraste avec sa petite mère, toute boulotte et faisant un peu trop souvent honneur à la bonne chère !
« Tu es en âge de prendre époux » lui dit-elle un jour. La jeune fille en rêvait, mais elle ne voulait pas confier le royaume à n’importe qui. Ils défilèrent, tous les princes des royaumes alentours. Mais la belle était exigeante ! Celui-ci avait un trop grand nez. Celui-là était bien trop petit. Cet autre avait de beaux yeux, certes, mais si peu de choses dans la cervelle…quand à ce quatrième il ne savait même pas monter à cheval correctement !
Les choses ne sont pas si simples…
Survint un jour, un jeune cavalier, fougueux, les yeux étincelants, les joues rosies par le grand air. La jeune fille, dès l’instant de son arrivée, ne le quitta plus des yeux.
La reine ordonna aussitôt de donner un banquet. Le beau prince ne se fit pas prier. Il mangea avec appétit de tous les plats qu’on lui présenta. « Voilà enfin un jeune homme avec de bien bonnes manières » se dit la veille femme, conquise par son enthousiasme à dévorer.
Quelle soirée ! Elle se poursuivit avec des jeux : il les gagna tous…Avec des danses : il dansait comme un dieu, mais n’accorda aucune faveur aux autres jeunes filles. Seule la princesse eut le privilège d’être à son bras. Celle-ci rêvait déjà. Le soir, il lui déclara son amour : «Je t’aimerai de tout mon cœur… Je t’aimerai pour l’éternité. ».« Je t’aimerai » disait-elle, « pour l’éternité. » Et la reine d’ajouter : « Avec un aussi gentil seigneur, ici au château, la vie ne sera qu’un beau songe.»

Le lendemain, il leur dit à toutes deux : « Il me faut partir, mais pour revenir bientôt… il me faut aller dans ma ville, chez mon père, lui demander de bénir notre union »

Il partit. Et la belle et sa mère l’attendirent. D’abord à la fenêtre, puis, poussées par la douleur et l’impatience, au bord même du chemin. Elles y demeurèrent, l’hiver et l’été, le printemps et l’automne, si bien, si bien, qu’elles y prirent racine.
Il ne revint jamais…

Venez sur le chemin, vous pourrez les voir toutes les deux : ici, élégant et élancé, le plantain lancéolé près de la reine, devenue le plantain major, à feuilles rondes…Au printemps, en souvenir de leur ancienne vie, elles se parent de leur diadème de topaze…

plantain fl

Le plantain (Plantago sp.)

  •  Botanique

Famille : Plantaginacée
Plante herbacée vivace, de 10 à 60 cm
Plusieurs espèces communes : Plantago lanceolata,
Plantago major, Plantago média…
Tige : absente ou très courte et souterraine
Racine : rhizome court et radicelles
Feuilles : parrallélinervées (mais ce n’est pas une
monocotylédone)
Fleurs : inflorescences en épi au sommet d’une longue hampe
Fruits : capsules, dissémination barochore (les graines tombent
au sol)
Type de sol : sols pauvres, calcaires plutôt secs, au soleil
prés et pâturages pour le lancéolé,
lieux piétinés ou terre compacte (voir au milieu des pavés
ou du goudron) pour le grand plantain

Originaire d’Europe, certaines régions d’Asie occidentale et
d’Afrique, elle a été introduite ailleurs.

  • Étymologie , histoires : son nom latin Plantago vient probablement de « planta », la forme des feuilles de certaines espèces ressemblant à l’empreinte que laisse la plante des pieds.

Les Amérindiens l’avaient surnommée « la trace de l’homme blanc » parce que cette plante suivait sa progression dans sa conquête de l’Amérique.
Puisqu’elle était associée au voyage, les Anglais en suspendaient des petits bouquets dans les diligences.
Pourtant, c’est aussi « l’herbe d’égarement » ; il faut éviter de la piétiner car on risque de perdre son chemin, son sens de l’orientation, ou simplement arriver en retard !

Autres noms : Plantain des oiseaux (Plantain major), Herbe à 5 coutures (Plantain lancéolé)

En Haute-Bretagne, un tailleur avait vendu son âme au diable. En contrepartie, le Malin devait le combler de richesses et biens de toutes sortes. Mais, au bout de dix ans, il viendrait prendre possession de son bien. Toutefois, il était stipulé dans le contrat que si le tailleur pouvait lui présenter une couture si fine que ses yeux de diable ne pouvaient la distinguer, il serait quitte et conserverait son âme. Au jour de l’échéance, le tailleur qui avait peur de perdre son âme et d’être damné, eut recours aux fées, alors nombreuses dans le pays. L’une d’elles alla cueillir quelques herbes, les cousit ensemble avec des points si fins et si menus que Satan ne parvint pas à les découvrir sous les nervures de la feuille qu’on lui présenta. C’est depuis ce temps-là qu’en Bretagne et ailleurs, on appelle le plantain : l’herbe aux cinq coutures.
« À Saint-Justin, est à graines le plantain. » (1er juin)

  • Principes actifs

Hétérosides (aucubine, saponine…), mucilages, tanins, flavonoïdes, acides phénols…

  •  Usages thérapeutiques

Plante sacrée des Gaulois et des anciens Saxons, prescrite dès l’antiquité par Dioscoride, Pline ou Gallien, très appréciée de Ste Hidegarde von Bingen, le plantain fait partie de la trousse de secours de la nature

  • Propriétés Indications

Anti-inflammatoire, antibactérien, anti-prurigineux,
astringent

Hémostatique,
cicatrisant, adoucissant

Broncho-dilatateur,
anti-histaminique

Laxatif de lest
En application directe, en cataplasme, en pommade : piqûres végétales ou animales, démangeaisons, allergies cutanées

Plaies, prévention des ampoules
En compresse avec l’infusé ou l’hydrolat pour les hémorroïdes, les prurits eczémateux, mycoses érythèmes fessiers

Dans les campagnes, on place dans le conduit de l’oreille un tampon de racine de plantain râpée pour calmer le mal de dents

En infusion, en alcoolature pour les inflammations des voies respiratoires supérieures, asthme, allergies saisonnières
En sirop pour les toux allergiques, irritatives, maux de gorge
En bain de bouche pour les gencives douloureuses

Macération de graines (surtout de l’espèce « psyllium »)

  • Usage culinaire

Les feuilles jeunes (goût agréable de champignon) peuvent être consommées en salade, en pesto, servir de condiments ou être préparées en légume.
Plus âgées, elles deviennent plus amères, on les utilise alors en soupe ou gratin, purées, beignets, tartes…dans ce cas les faire blanchir et jeter la première eau.

Les graines mûres (récoltées par temps sec que l’on sèche rapidement au soleil ou à four tiède pour éviter le brunissement) sont un complément alimentaire très riche, on en enrichit les pâtes à pain, les crumbles…

Ne nous privons pas, cette petite plante, très courante, pousse pratiquement toute l’année, alors libre court à notre imagination !

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10 commentaires pour Le plantain

  1. je ne connaissais pas ses légendes 🙂

  2. Quelles jolies legendes ! Ravie de les avoir découvertes grâce à toi.

    • Herb'au logis dit :

      merci ! je ne suis pas une super conteuse, mais j’avoue que j’aime beaucoup raconter celle-ci, en l’agrémentant d’ailleurs selon l’inspiration du jour

  3. Dubost dit :

    Voici cette petite plante insignifiante mais magique ! auréolée du titre de princesse ! Elle le mérite bien, je l’utilise en prévention de mes allergies d’automne et elle m’aide bien cette magicienne ! merci pour ce beau conte Marie-Hélène !

    • Herb'au logis dit :

      merci d’en témoigner. Je sais que tu l’utilises régulièrement et que tu la considère comme très efficace. Et oui, moi aussi j’aime bien ce conte.

  4. Merci pour cette légende (et les compléments d’infos) que je ne la connaissais pas.
    Je connais le plantain depuis toujours comme la plante qui calme instantanément la douleur des orties, et c’est simple : dès lors qu’il y a une ortie quelque part, il y a un forcément du plantain dans les parages !

    • Herb'au logis dit :

      eh oui, l’avantage de cette petite plante c’est qu’on la trouve quasiment partout. Alors il faut en profiter !

  5. J’ai beaucoup aimé le conte de la Princesse. Merci pour ce joli partage.

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